Essai de la ferme

Urine de lapin : à quelle dilution, exactement ?

Trois dilutions testées en traitement foliaire sur la parcelle P-02, pendant une campagne complète. Une a bien marché, une n’a rien fait, et une a brûlé les feuilles en une matinée.

Lapins au clapier, autour de la mangeoire.

L’urine de lapin est l’intrant le plus mal documenté de notre ferme. Tout le monde en parle, chacun donne un dosage différent, et presque personne ne dit ce qui se passe quand on se trompe. Nous avons donc pris une campagne entière pour trancher, sur trois blocs de la parcelle P-02, avec des pieds du même âge et du même lot de semence.

Le protocole

Urine collectée sous les clapiers, fermentée vingt et un jours en bidon fermé, filtrée sur toile fine. Trois blocs de vingt pieds, pulvérisation toutes les trois semaines en fin de journée, sur le dessus et le dessous des feuilles. Un quatrième bloc, témoin, n’a reçu que de l’eau claire.

BlocDilutionRésultat sur le feuillageVerdict
A1 : 5Brûlures marginales sur les jeunes feuilles dès la première applicationAbandonné
B1 : 10Vert plus soutenu, feuilles plus épaisses, aucune brûlureRetenu
C1 : 20Différence à peine visible par rapport au témoinTrop faible
Témoineau claireCroissance normale

Ce qui a raté

Le bloc A est l’enseignement principal de cet essai. Une part d’urine pour cinq parts d’eau, sur du feuillage jeune, a produit des nécroses marginales visibles dès le lendemain matin. Nous avions appliqué en milieu d’après-midi, alors qu’il restait encore du soleil direct sur la parcelle — l’évaporation a concentré le produit sur la feuille et l’a brûlée.

La correctionDepuis, aucune pulvérisation ne part avant que le soleil ait quitté la parcelle, et le 1 : 5 est réservé à l’arrosage au pied, jamais au feuillage.

Ce que nous appliquons maintenant

  • Pieds adultes, foliaire : une part pour dix, toutes les trois semaines.
  • Jeunes plants, foliaire : une part pour vingt — le feuillage tendre ne supporte pas davantage.
  • Arrosage au pied : une part pour cinq, tous les deux mois, en complément du compost.
  • Arrêt complet vingt et un jours avant la première récolte de la parcelle.

Nous n’avons pas mesuré de différence de rendement statistiquement solide entre le bloc B et le témoin sur une seule campagne — l’échantillon est trop petit pour cela, et nous ne prétendrons pas le contraire. Ce que nous avons observé, en revanche, est net : un feuillage plus épais, plus vert, et nettement moins de cochenilles aux aisselles.

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